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Rénovation énergétique : comment les artisans peuvent mieux cibler leurs chantiers en 2026 ?

Rénovation énergétique : comment les artisans peuvent mieux cibler leurs chantiers en 2026 ?

L’entretien et la rénovation des bâtiments représentent 58,5 % du chiffre d’affaires du bâtiment en France, soit un marché de 117 milliards d’euros en 2025. Dans ce contexte, la pression réglementaire sur les passoires thermiques crée une demande structurelle, mais le carnet de commandes ne se remplit pas seul. Au T1 2026, l’activité artisanale recule de 1,5 % en glissement annuel et les carnets de commandes affichent un solde d’opinion de -30 % selon l’Insee. Prospecter plus intelligemment, pas seulement plus, est devenu une nécessité.

Un stock de passoires thermiques qui génère une demande durable

Au 1er janvier 2025, la France comptait 3,9 millions de logements classés F ou G au DPE parmi les résidences principales, soit 12,7 % du parc. Ce chiffre a légèrement diminué depuis janvier 2026 : une réforme du coefficient de conversion de l’électricité (arrêté du 13 août 2025) a mécaniquement sorti environ 850 000 logements chauffés à l’électricité des classes F et G, sans aucun travaux. Il reste donc autour de 3 millions de passoires réelles à rénover.

La pression sur leurs propriétaires ne faiblit pas. Depuis le 1er janvier 2025, tous les logements classés G sont interdits à la location. La classe F suivra en 2028, la classe E en 2034. À la vente, un audit énergétique réglementaire est désormais obligatoire pour les maisons individuelles classées E, F ou G. Et côté prix, les notaires constatent qu’une maison classée G se négocie jusqu’à 25 % moins cher qu’une équivalente classée D. Ces décotes, combinées aux interdictions locatives, poussent de nombreux propriétaires à agir, parfois dès les premières semaines suivant l’achat d’un bien.

Cibler les acheteurs récents de passoires : une approche fondée sur les données publiques

C’est précisément là que réside l’opportunité pour les artisans. Un particulier qui achète une maison classée F sait, dès la signature, qu’il devra engager des travaux. Il est en recherche active d’artisans, souvent avant même d’emménager. Le contacter en premier, avant la concurrence, change radicalement le taux de transformation d’un devis.

Des outils spécialisés permettent aujourd’hui d’identifier ces profils à partir de bases de données ouvertes. C’est le cas de RénoProspect, dont les chantiers de rénovation proposés reposent sur le croisement de deux sources publiques : la base nationale des DPE de l’ADEME et les Demandes de Valeurs Foncières (DVF), qui recensent les transactions immobilières. Chaque mois, la plateforme identifie les maisons classées E, F ou G récemment vendues dans le secteur de l’artisan, avec une note de 0 à 99 pour prioriser les biens les plus susceptibles de générer un chantier rapidement. Plus de 700 000 leads couvrent 93 départements, et un mécanisme d’exclusivité retire chaque bien des listes des autres abonnés pendant 30 jours dès qu’un courrier est généré.

MaPrimeRénov’ et rénovations d’ampleur : l’autre moteur de la demande

Au premier semestre 2026, 110 835 logements ont bénéficié de MaPrimeRénov’, dont 41 409 rénovations d’ampleur. Depuis 2020, le dispositif a couvert 2,9 millions de logements et généré près de 47 milliards d’euros de travaux. L’Anah prévoit un budget de 4,6 milliards d’euros pour 2026, avec un objectif d’au moins 120 000 rénovations globales.

Ce glissement vers les bouquets de travaux plutôt que vers le geste isolé change la nature des chantiers : l’isolation des combles seule ne suffit plus à répondre aux attentes d’un marché qui finance désormais des rénovations complètes. Les artisans qualifiés RGE, seuls éligibles aux chantiers aidés, sont en position favorable pour capter cette demande, à condition de la trouver avant leurs concurrents.

Dans un marché sous tension conjoncturelle, la prospection reste le nerf de la guerre. Diversifier ses canaux d’acquisition, notamment en s’appuyant sur des données concrètes plutôt que sur le seul bouche-à-oreille, est aujourd’hui ce qui distingue une entreprise qui subit le marché de celle qui le choisit.